paris japan karaté association
credo technique

 

Vous trouverez sur cette page, mon credo technique et pédagogique et l'état d'esprit dans lequel je donne des cours,
Ceci pour ceux qui pratiquent déjà avec moi et pour ceux qui seraient tenté de le faire.
Je ne prétends pas détenir la vérité mais après une vingtaine d'année d'enseignement jour après jour, je profite de ce site pour établir un petit bilan que je choisis d'exprimer et de faire partager. Je pense que beaucoup de professeurs ont dû arriver aux mêmes conclusions.
C'est au bout d'un certain nombre d'années qu'un projet pédagogique se construit, au fil du temps, cours après cours, avec des élèves tous différents mais si semblables malgré tout.
Que cette réflexion ci-dessous puisse vous encourager dans votre pratique :
Je pense qu'il est bon de s'entraîner avec le corps mais aussi avec la tête (l'esprit !).

Voir la vidéo d'application du kata godan qui est simple dans exécution et surtout sans esbroufe. Elle reflète bien ce que nous faisons au club. Paul-Henri  (nidan) au centre attaqué par Michael (sandan)à gauche et Jérôme (nidan) à droite.




 

































Karaté traditionnel : ancien où moderne ?

L'appellation " Karaté traditionnel" ne signifie pas ancien ! Le mot "traditionnel " n'est qu'une étiquette, qui aujourd'hui alimente les querelles de clocher !
Le vrai karaté doit véhiculer l'idée de "budo" avec tous ce que cela implique...une valeur qui n'est pas occidentale mais japonaise!
Le vrai karaté, s'il ne veut pas être assimilé à un simple sport de combat doit être pratiqué comme tel.
Le budo c'est avant tout un état d'esprit qui vient du code du bushido hérité du Japon médiéval. C'est dire s'il nous est étranger à nous occidentaux et c'est ce qui rend le "karaté-do" (la voie du karaté) fascinant.

Ce karaté là, (puisqu'il faut le distinguer des sports de combats qui se targue d'être du karaté) se pratique avec de la technique et un mental.
Sa recherche doit se porter sur les bases (positions, chudan, jodan....) ainsi que sur des notions fondamentales du karaté budo (Kamae, Maaï, Taï-sabaki, go no sen, taï no sen, sen no sen ....) des katas et du kumité.
Le vrai karaté doit être dynamique, fin, précis, généreux et empreint de sincérité dans sa pratique....il doit conduire l'individu à se sublimer et à avoir une idée particulière de sa discipline. Celle-ci serait un sabre tandis que les valeurs (dojo kun...) seraient le fourreau.
Celui qui pratique avec cette idée constamment présente à l'esprit, peut se confronter à n'importe qu'elle compétition, afin de se forger sa vérité pour être à même de la transmettre à son tour et ainsi contribuer à développer les valeurs du budo, puis, de s'inscrire dans la lignée de ceux qui ont déjà emprunté cette voie.
Le moteur d'un vrai karatéka, doit être la pratique du Karaté-do comme un budo, avec ses règles qui nous viennent d'autrefois mais qui sont d'autant plus vraies aujourd'hui qu'elles sont à redécouvrir car la nature des hommes restent la même.
Sinon on réduit le karaté à un terme générique qui n'a rien de plus à apporter à l'individu qu'un simple sport.

Donc il ne s'agit pas de savoir si on fait un karaté sportif ou traditionnel, mais avant tout, un karaté riche de toutes ces valeurs et que l'on confronte à n'importe quels types de situation, à condition que cela corresponde aux idéaux de la discipline.






















 

Les positions

      
La forme des positions est très importante, et cela, quel que soit le style .
Ceux dit "explosifs"  (comme le shotokan, wado ryu et shito ryu ) comme ceux plus internes d'Okinawa.
Les premiers utilisent la vitesse du déplacement avec explosion de l'énergie à l'arrivée tandis que les seconds, sont plus axés sur la puissance et l'endurance physique.
D'où la nécessité d'avoir dans les deux formes des positions irréprochables, car c'est de la qualité de celles-ci que se construiront les techniques en général et plus particulièrement, l'aptitude à bien utiliser, la mécanique des hanches, la fixité où la mobilité des semelles de pieds sur le sol, la puissance musculaire interne et externe des jambes, le focus du ventre etc...

Quand on connaît un peu le Karaté d'Okinawa, on comprend vite l'importance d'un bon Neko ashi dashi ou Sanchin dachi tout comme il est nécessaire de comprendre en shotokan que bien travailler les trois positions : zenkutsu, kokutsu et kiba dachi c'est fabriquer un bon fudo dachi qui contribuera à de bon déplacements (taï sabaki ) assorti d'une solide puissance d 'impact






























 

Le travail des hanches

En karaté, la position des hanches est fondamentale pour l'ensemble des techniques de bras, de jambes ainsi que pour les déplacements (positions, esquives, et propulsions).
On note des champs essentiels d'application du travail des hanches:

un plan horizontal (Rotation : hanmi et Gyaku hanmi ) pour le travail des bras et vers l'avant ( pour les coups de pieds ) afin d'obtenir un maximum de longueur.
un plan vertical (maintien des hanches vers le sol ) pour les techniques de Jambes, maintien de la hauteur des hanches lors des déplacements :
Vers l'avant en portant ses hanches sur l'avant
Vers l'arrière en les ramenant à soit pour un imprimer une action vive de réaction vers l'arrière.

Lors de l'entraînement, le pratiquant doit bien veiller à ces points fondamentaux, s'il veut comprendre la mécanique du karaté car les hanches sont les gardiennes et aussi le vecteur de l'énergie d'une technique, une fois celle-ci générée par l'impulsion des semelles de pieds.
Toutes les techniques de karaté (atemi, blocage, déplacements, coups de pieds etc...) sont concernées par les hanches. Donc si vous souhaitez avoir une bonne technique générale, vous devez rester vigilant quant au travail des hanches.

Hanmi (3/4 face), Gyaku hanmi, shomen:
De ces trois positions on génère l'énergie nécessaire à la technique pour qu'elle soit puissante et efficace.
En gros il s'agit de l'effet de la rotation des hanches. Le but est de se servir de celle-ci, pour véhiculer l'impact d'un tsuki ou d'un blocage. Un exemple d'application significatif :
"Se mettre en position zen kutsu dachi en effectuant un blocage ( hanmi 3/4 face) du même côté que sa jambe avant et enchaîner (avec la rotation des hanches à l'opposé) avec un Gyaku Tsuki .
Mais ce n'est pas la seule application ou s'exerce le travail des hanches.....
On n'en finit pas....





























 

La respiration

        La respiration est la technique ne doivent faire qu'un !

En principe, on inspire au moment du blocage et on expire lors de l’attaque. Pour appréhender de façon correcte le travail respiratoire, il est conseillé de travailler le kata Hangetsu qui est un kata approprié.
Bien que difficile ce kata est enseigné par la JKA dès le troisième kyu, car pour devenir shodan, le pratiquant doit à défaut de maîtriser, connaître le principe de travail de respiration. La m, c'est être concentré, dans l'instant, en harmonie avec les mouvements de l'adversaire.
Dans le travail des kata et d'Hangetsu en particulier, il est bon de s'entraîner à différentes actions de respiration :
- inspiration rapide avec expiration longue
- inspiration longue avec expiration rapide
- inspiration rapide avec expiration rapide
- inspiration longue avec expiration longue

Quel que soit la technique exécutée, il est important que le mouvement respiratoire soit en total accord avec celle-ci, elle démarre en même temps qu'elle et termine de la même façon.

Reprenons le kata Hangetsu et son premier mouvement !
Lors des entraînements, je vois souvent l'esprit de certain élèves, lors du premier mouvement ( uchi uke - hangetsu dachi) se porter d'abord sur la position, puis se fixer sur le blocage et pour revenir sur la position, et finir par constater qu'il a complètement occulté la respiration !

Alors qu'ils doivent dès la prise de décision de l'exécution de ce mouvement :
Inhaler , armer uchi uke, descendre sur la jambe d'appui , le tout en même temps pour arriver de la même manière.

Grâce au travail du kata, on peut vraiment progresser dans ce domaine.





























 

Le kihon
C'est le travail de la technique proprement dite
Aujourd'hui dans beaucoup de clubs de Karaté, en France, il est courant de voir deux types d'approche, qui se banalisent malheureusement trop :

La première est de travailler les techniques directement face à un partenaire et la seconde est de faire des enchaînements pour les enchaînements, plus ils sont complexes plus on est content !

Mais quel doit être le but du kihon ?

Le but du kihon est d'aider les élèves à progresser et à rendre leur corps adapté à la pratique du karaté. C'est pour cela qu'un bon kihon, doit être simple et progressif. Si vous souhaitez progresser et faire un kihon vous- même, je vous conseille de choisir un kata et de le trancher et de répéter les techniques selon les points fondamentaux décris sur cette page.

Dans mon travail de professeur, je m'attache à faire des kihon qui me permettent de communiquer avec les élèves et d'insister sur les points important de chacun des mouvements. Souvent on voit des professeurs, qui, à chacun de leur cours  font un nouveau kihon alors que souvent les élèves ont besoin de retravailler les mêmes choses plusieurs fois afin que les sensations puissent se pérenniser dans l'esprit du pratiquant.

Durant l'entrainement, comme le rendre efficace !

Quand vous vous entraînez, il est important d'avoir un but !
Par exemple, en adoptant l'attitude suivante :
Aujourd'hui je vais me concentrer sur mon genou avant, une autre fois, je fais attention à garder les coudes serré le long du corps quand je fais des tsuki....
Dans le Kihon comme dans le kumité et kata, le mental tourné vers la progression sans qu'elle soit tout est un facteur déterminant pour avancer.
mais quelque soit le rythme demandé par l'instructeur, vous devez toujours respecter les points suivants :

Points importants
- Au départ de la technique, sa tension doit être au niveau 0 pour arriver en fin de course à 10.
- Quand vous avancez, reculez, changez de direction, vous devez poser votre position et exécuter vos techniques de bras, simultanément !
- Veillez à toujours être rigoureux dans la forme de vos techniques.
- Être rigoureux sur les niveaux

              Jodan : viser la lèvre supérieur, le milieu du front ou la temple
              Chudan : le plexus solaire, ou les flancs
              Gedan : l'abdomen, les parties, les genoux
.







































 

La notion d'hikité
La notion d'hikité
Hikité signifie la technique qui suit, quand l'une meurt, en naît une suivante ! Cette notion d'hikite s'apparente par exemple à la garde du boxeur !
Quand le boxeur est en garde, le poing droit est le hikkité du poing gauche, et inversement selon le côté d'où part la première technique.
Le hikkité est aussi important que l’anse d'un pichet, il est là, mais il ne doit pas se faire sentir. Comme l’anse du pichet, si elle disparaît, ce n'est plus un pichet ! De même, le karaté sans hikkité, ce n'est pas du karaté
la première expression du hikkité pour un débutant c'est avec le Tsuki (choku tsuki par exemple), le poing opposé à la technique est tiré sur le flanc gauche si l'on exécute un tsuki droit et ceci alternativement !
Mais comme l'a montré senseï Kase dans son travail, l'on peut faire un tsuki gauche et armer hikkité en shuto ! c'était tout le sens du travail de ce grand Maître.

Hikité, ou la technique qui suit !

Une bonne compréhension du hikité permet d'aider à la compréhension des katas et surtout de leur bunkaï.
 A quel niveau ?
Prenez toutes les techniques doubles des katas, qui se distinguent de celles ayant des hikité plus traditionnelles.
Comme les premiers mouvements de certains katas comme heian, nidan, Yondan, jion....
Cela peut être deux blocages simultanés mais c'est surtout deux blocages l'un après l'autre comme dans jion ou un blocage suivi d'un shuto comme dans yondan comme dans le kata godan qui commence avec uchi ude uke tandis le hikité droit est de manière tradionnelle sur le côté, pour enchainer sur un gyaku tsuki. Mais, quel que soit le rythme demandé par l'instructeur, vous devez toujours respecter les points suivants :

Points importants :

Bien s'entrainer c'est aussi la bonne utilisation du hikite, tirer puissamment le hikite au départ d'une technique de poing couplé avec l'energie des hanches, aide à develloper des techniques rapides et puissantes. Donc sur un Choku tsuki ou un age uke, il est important d'initier sa technique à partir de son hikité et de ses hanches.

hikite ou hikiashi pour les jambes.
Plus une technique de jambe, mae geri par exemple est ramenée rapidement (hikiashi) après son exécution plus elle sera puissante.

 



















































































 

Le contrôle où la philosophie du Karaté

     
La notion de contrôle est très souvent une notion mal comprise de la part des non-pratiquants et à fortiori des débutants qui arrivent au dojo.
Combien de fois il m'a été donné de rencontrer des gens qui vous disent : " mais au karaté, je croyais que vous ne deviez pas toucher", sous -entendu que la discipline était plus philosophique dans le genre "peace and love" que dangereuse et donc efficace !

Oui le contrôle en karaté est une philosophie, mais pas celle que l'on croit.

 Tout comme un sabre tranche, un fusil de chasse tue, le karaté est une arme et doit être travaillée en tant que tel !
On voit trop de gens qui pratiquent une discipline de combat, avec l'esprit axé sur le fait qu'ils ne doivent pas faire de mal et ne pas blesser le partenaire, ou qu'ils ne doivent pas être blessé, si bien que l'on a une grande majorité de pratiquant qui disent : "Je pratique le karaté, je pratique le ju-jitsu...." alors qu'en fait," ils jouent au karaté, jouent au jujitsu" mais ne le pratiquent pas réellement !
C'est là qu'intervient la notion du Budo !
Pratiquer avec un mental de guerrier, développer son art pour soi-même, apprendre à le maîtriser pour soi-même, tel doit être l'état d'esprit du vrai pratiquant !
Peaufiner son karaté, comme on aiguise son sabre, ou l'on nettoie son fusil !
Alors souvent, quand je dis ça, on me dit : "Mais ça n’est pas bien , ce n’est pas moral , on peut faire du mal, j'ai peur de blesser mon partenaire...etc...."
Ce à quoi je réponds, eh bien vous ne faites pas du karaté !

Est- ce qu'un chasseur, parce ce qu'il a un fusil, va tirer sur tout ce qui bouge ?
Est- ce qu'un chasseur va aller à la chasse avec un fusil en plastique ?
Eh bien il en va de même pour le karaté.
Ceci quel que soit la personne que vous soyez, un homme de faible constitution, d'une nature tranquille, une jolie femme plutôt féminine, une personne plus âgée, pas sportive, ou un garçon d'un tempérament plus fonceur voire bagarreur... quel que soit votre état de départ, vous devez vous attacher à devenir une "ATTAQUE où une CONTRE-ATTAQUE "juste, précise, appropriée à la demande de la situation, et de vous entrainer dans ce but.
A l'entraînement, Vous devez représenter un danger potentiel pour vos partenaires et cela, même si vous êtes une Mamie !
Là ou certains devront se faire violence pour atteindre ce niveau, d'autres devront à l'opposé maîtriser leurs ardeurs, leurs sur-motivation etc...!
C'est en cela que le karaté peut changer l'individu, c'est là que la Philosophie des Arts martiaux (et à fortiori celle du Karaté ! ) réside et non pas, dans une vue très intellectuelle des choses, où il faudrait faire du karaté en fait, sans en faire c'est à dire,
- ne pas attaquer ( mais juste faire semblant !,)
- veiller à retenir son bras ( ce qui conduit , le jour ou la situation l'exige la personne à sa perte ! car celle d'en-face elle, ne fera pas semblant )

Mais,
et le contrôle dans tout ça ?
Souvent les débutants, pense que contrôler c'est retenir son bras !
Alors que c'est ce qu'il ne faut surtout pas faire, car si un jour vous avez besoin de vous défendre, c'est ce qui va arriver automatiquement et inconsciemment dans une situation critique.
Alors comment contrôle -t on ?
Sur un Tsuki jodan, par exemple, avant d'attaquer il faut identifier sa cible et l'approcher mentalement de quelques centimètres, devant la bouche de son partenaire et attaquer sans retenue .
Au fil des entraînements, il faut prendre confiance en soi de sorte qu'à chaque fois que l'attaque est exécutée, le bras soit tendu sur toute sa longueur. Dans le sanbon ou kihon ippon kumite, Tori (l'attaquant ) identifie, attaque et s'il s'aperçoit que son partenaire ne pourra pas bloquer, là il retient sa technique. Le fait d'identifier la cible avant l'attaque , et frapper devant c'est cela, le contrôle.
Attention! le contrôle c'est avant tout le regard.



















































 

Le Kamae (où l'idée de garde !)

 
   Le kamae est la garde en combat mais surtout l'attitude mais pour les karatékas japonais, héritiers de leur ancêtres, les samouraïs, c'est plus que cela, c'est la traduction physique de l'harmonie qu'il y a entre le corps et l'esprit (Fudo Shin)
Un bon kamae est celui qui doit permettre d'agir sans émotion (Zan shin) de la façon la plus spontanée et adaptée possible aux circonstances du combat.
Un mauvais kamae est celui qui handicape un combattant, et par là, l'empêche d'agir avec un timing approprié.
L'exemple d'un mauvais kamae, très courant chez les pratiquants, est l'habitude de tenir les bras en avant dans une position dite "de garde" de telle manière que l'esprit est davantage dans la position des bras par eux mêmes que dans l'état d'être par le corps et l'esprit, entièrement dans l'instant présent, en état de vigilance et concentration.
Le fait de tenir ses bras vers l'avant n'est pas une faute en soi, à condition d'être aussi sur ses pieds et d'avoir le sentiment que toutes les cellules du corps sont disponibles. Si vous portez votre entraînement sur cela, vous constaterez que ces bras ne demeureront qu'accessoirement en avant mais relâchés, à leur place, comme chaque partie de votre corps, disponibles comme chaque cellules de votre corps...vous serez dans l'état de zanshin

points physiques à retenir pour avoir un bon kamae

- garder les coudes prêt du corps, voire légèrement vers l'intérieur
- garder les poings fermé mais sans les serrer, de manière à bloquer devant chaque niveau du corps.
- ne tendez pas votre bras trop vers l'avant mais ni trop pliés, juste les maintenir dans une position confortable.
- ne pas mettre de tension dans ses poings, les maintenir légèrement fermé.
-un bon kamae doit favoriser l'attaque en ligne droite.








































 

 Maaï et Timing (la danse du temps avec l'espace !)

La distance pour les japonais est très importante, on ne peut faire du karaté de façon efficace que si l'on a une notion importante de la distance.
Quand on débute, un bon moyen d'acquérir une solide notion de la distance est de s'entraîner à travailler et à répéter le san-bon kumité ou gohon ippon kumité (1 attaque sur 3 où 5 pas, blocage et contre-attaque au dernier assaut ! ).
Si j'ai un conseil à donner pour un débutant,c’ est de s'entraîner à ce type de kumité, en prenant garde de ne pas laisser son esprit être influencé par l'extérieur ( exemple : l'apparence ou la réputation de l'adversaire...),de s'investir physiquement dans chacun des assauts, et de ne se concentrer au départ, que dans son kamae ( ici la position hachi dachi où shizen taï ), arriver à poser son regard sur le visage de l'adversaire sans se fixer sur ses yeux et d'attendre...disponible, comme un sprinter le ferait avec le son du pistolet qui doit donner le départ, le corps relâché, en état de vigilance.
Si ce sprinter attache uniquement son esprit au départ de ce son, il aura un temps de retard.
Son esprit doit être également réparti entre ses sens et chaque fibre de lui -même relâché, disponible et vigilant .... TOP départ !
Il en va de même pour le premier assaut dans ce type de kumité. Si cela doit être Oï-tsuki Jo-dan, restez tranquille juste avec le sentiment de votre première réaction en vous, qui arrive naturellement sans y penser mais juste dans l'instant par un relâchement du genou avant !

C'est le timing !.

   Dans les assauts suivants, ne perdez pas la vigilance, et apprenez à lire le déplacement de votre adversaire, son rythme, son attaque, son état d'esprit, et à bloquer comme si vous pratiquiez un kata, avec la même idée à l'aide de la technique de blocage dans son entier, à partir du début (en armant le bras opposé) jusqu'à sa conclusion : le pivot du poignet qui sort la technique.
Si au dernier assaut, l'allonge de votre bras en gyaku-tsuki, vous permet d'atteindre votre adversaire, c'est que votre timing et votre distance  (maaï) auront été efficaces.
Par contre, si votre poing arrive trop loin de la poitrine de votre opposant et que vous soyez obligé de pencher le buste en avant, c'est que tout du long de cet exercice , vous avez subi psychologiquement l'assaut et que vous avez fui .
La distance et le timing, sont étroitement liés, l'un ayant comme support l'espace tandis que l'autre, le temps.
Lorsque l'on finit par avoir une bonne maîtrise du san-bon ou Gohon ippon kumité, il est nécessaire de travailler le kihon ippon-kumité (blocage sur un seul pas et riposte face à une attaque ) pour développer les diverses techniques, de blocages et contre-attaques. Dans cet exercice, on s'attachera à travailler l'aspect mental du kamae ( à partir de la position, hachiji dachi ), la variété des blocages et contre- attaques ( poings, coup de pieds...) et un bon timing.






















































 

Taï Sabaki ( déplacement avec finesse )
  
Dans le combat libre, si vous avez un bon kamae, et que vous avez développé par votre entraînement une réelle notion de distance et de timing, il ne vous manquera que les déplacements :
Le Taï sabaki ou déplacement avec finesse !
En effet, le déplacement dans le Karaté Shotokan JKA est primordiale car héritier du kendo et des samouraïs. Pour cela il est très important de développer les techniques de déplacements,
Iori ashi, tsugi ashi, de ashi et kaeshi.
Beaucoup de personnes ne voient dans le Taï sabaki, que le travail d'esquive, alors que c'est avant tout un ensemble de déplacements : iori ashi pour se mouvoir, kaeshi pour absorber,de ashi pour avancer d'un pas, esquiver ou comme avec tsugi ashi, démarrer.
Beaucoup ne prêtent pas assez d'attention à la qualité de leur déplacement.
L'essentiel des pratiquants, posent, ou avancent leur pieds de façon lourdes et pataudes pour certain (les adeptes du "traditionnels"), désordonnées et excitées pour les autres  (les sportifs karatékas !).
Alors qu'un bon déplacement possède ses critères techniques comme les atemi, blocages, balayages et coup de pieds.
Un bon taï sabaki réside dans sa variété et doit permettre d'adapter son déplacement au fil des circonstances selon que l'on ait besoin d'attaquer, d'esquiver, de rompre la distance, de contre-attaquer ...
donc il est important d'avoir la sensation d'être bien sur ses jambes et d'avoir le haut du corps relaché tandis que le regard reste attaché aux mouvements de l'adversaire.

 

















































 

Le kaeshi ippon kumité

  
  Ce type de kumité est la continuité du san-bon (gohon) ippon et Kihon ippon kumité. Le but est de développer physiquement l' entraînement au Taï sabaki dans l'action ( surtout le iori- ashi) couplé au travail de distance et de timing déjà appréhendés dans les exercices précédents .
Ici, l'attaquant Tori doit s'investir dans une attaque sincère en junzuki  ( sur un pas ) puis bloque la contre-attaque de uke ( le défenseur ) pour riposter à son tour.
Pour accroître ses capacités intrinsèques de réaction, Tori devra s''efforcer à attaquer Uke au maximum, pour le forcer à prendre le temps de bloquer avant de contre attaquer.
Ce temps de réaction créé par l'intensité de l'attaque de Tori lui permettra de terminer l'action à son avantage. Tori pourra préserver sa distance d'esquive et de contre attaque en utilisant iori ashi ou hiki ashi + iori ashi.

Bien s'entraîner dans cet exercice, permet de bien se préparer aux kumité plus supérieurs :

Jyu kumité, jyu ippon kumité, Shiaï..






































 

Le jyu kumité et jyu ippon kumité
     
Nous approchons des types de kumité supérieurs,
Le Jyu kumité est le combat libre mais souple, les élèves doivent appliquer les acquis des exercices précédents. La notion de contrôle y est très importante. Les émotions et leurs pulsions doivent être maîtrisés. Il ne faut surtout pas confondre comme le font certain, cette forme de travail libre et le combat véritable !
Cela doit être une mise en forme des connaissances, ou les coups sont contrôlés, les enchaînements testés, les techniques spéciales répétées, les tactiques mises au point, tout cela à partir d'un bon son kamae.
Le jyu ippon kumité est le dernier stade avant le shiaï. Son principal objet est la prise de décision dans l'attaque comme dans la défense.Tori à partir de la position fudo dachi (position de combat) doit lancer une seule attaque sans feinte, après une recherche de distance sur Uke. Tori doit d'instinct, trouver le bon moment et la bonne distance pour agir. Tandis que Uke peut soit bloquer et contre attaquer (go no sen ), soit esquiver et contre attaquer ou soit anticiper le moment de l'attaque de Tori, par une attaque dans l'attaque (sen non sen ).
ce travail conduit au shiaï (ou combat de compétition ou l'idée de placer une technique déterminante sur son adversaire sans en recevoir une. ce type de kumité est basée sur la prise de décision et la réaction. D'ou l'importance des notions de kamae, de regard et de maaï (distance)......

























































 

La tactique : Go no sen, Taï no sen, Sen no sen

Ces trois notions se développent au travers du travail des différends kumités :

le go no sen, le taï no sen et le sen no sen
sont les 3 timings de réaction face à une attaque. Ces notions ne sont pas spécifique au karaté mais au budo.

Go no sen :
c'est la réaction que l'on a à la fin de l'attaque, c'est celle que l'on enseigne aux débutants et aux autres d'ailleurs dans le sanbon ou gohon kumité (assauts sur plusieurs pas). Ces types d'assauts sont trés importants, pour dévelloper son timing. Trop de gens négligent ces kumite, ils ont grand torts car ce sont eux qui conduisent au taï no sen et sen no sen. A chaque pas il faut s'astreindre à bloquer au dernier moment.
Cet exercise plusieurs fois répété permet d'augmenter le temps de perception de l'attaque ce qui se retrouvera dans toutes les autres formes de kumité.
taï no sen signifie agir durant le déroulement de l'attaque soit par un esquive soit par une attaque dans l'attaque.
Sen no sen c'est agir avant le départ de l'attaque, justement au moment ou l'adversaire à pris sa décision.
Et pour la tactique, je vous invite à réflechir sur cette phrase de Miyamoto Musashi : " quand le corps est immobile, ayez l'esprit mobile, quand le corps est mobile ayez le corps mobile".
Ne regardez pas cette phrase comme une jolie maxime mais cherchez en quoi elle peut vous être utile au combat et appliquez là le jour ou celui-ci aura lieu.
Le karaté ne se fait pas seulement avec les muscles mais aussi avec la tête !

















































 

La pratique du kata :

Il y a une vision très occidentale à propos du kata.
En fait on s'acharne à l'expliquer par des bunkaï très compliqués, alors que l'essentiel du Kata tient dans son exécution et du sens premier des techniques!

Avoir un "Karaté juste", maîtriser des techniques au millimètre sans les déformer en donnant un sens à chacune d'elles, c'est là que se situe l'essentiel de la pratique du kata.
L'exercice le plus difficile est d'en exécuter un, seul en public (par exemple, en compétition, devant d'autres pratiquants du dojo, où le professeur, lors d'un passage de grade ou d'une démonstration etc...) sans en déformer le rythme, les techniques et les positions, et en exécutant le tout avec du Kime !
Un peu comme une personne qui transporterait un récipient  d'un point à un autre sur un terrain escarpé sans renverser une goutte d'eau!

Le challenge du karatéka durant l'exécution d'un kata sera de maîtriser ses émotions afin de le reproduire de la façon la plus conforme aux critères de l'école auquel il appartient.
S'entraîner à pratiquer le kata selon des règles que l'on s'impose c'est donc s'entraîner corollairement pour le combat. Le bon combattant est celui qui gagne dans la maîtrise de ses émotions (peur, colère, désir de vaincre ... ) et qui est présent au moment du combat de la même manière et avec la même concentration qu'il pourrait l'être lors de la démonstration d'un kata !
   
 
Qu'est ce que le kata ?
Il est la mémoire d'une école, sa substance, son livre technique !
Il entraîne et forme physiquement le corps à l'usage d'un karaté efficace.
Chaque mouvement à un sens, il faut donner un sens à chaque mouvement.
Le kata n'est pas qu'un enchainement de plusieurs techniques mais un combat contre ....plusieurs adversaires ! Cette dernière définition est souvent la définition que donne facilement beaucoup de pratiquants qui en réalité ne savent pas réellement ce qu'est qu'un kata !
Et pourtant ils ont raison : c'est un combat contre plusieurs adversaires dont le premier est soi-même.!
Il y a autant d'adversaire qu'il y a de direction dans un kata et de techniques. Car chaque technique doivent être appliqué avec un sens à chaque geste ( attention ne pas confondre faire du cinema ....on voit beaucoup ça.)
non, il s'agit d'être concentré sur le sens à chacun des mouvements, pour que ce sens devienne tellement présent à l'esprit, qu'il sera mémorisé et resurgira sans réflechir lors d'une agression.
d'ou l'utilté d'avoir des bunkaïs simple pour ne pas semer la confusion chez le pratiquant.



 

Qu'est-ce que le Bunkaï ?
Il devrait être le sens des techniques inscrites dans le kata, mais par un effet très occidental et surtout français, beaucoup s'acharnent à donner des explications très intelligentes mais aussi très compliquées aux divers gestes contenus dans un kata et qui finissent par ne plus ressembler au mouvement originel
Tout cela parce que l'on ne sait pas faire confiance aux japonais qui ont créé l'école, alors qu'en fait on n'a pas compris véritablement le sens foncier du Kata.
Alors on reproduit les mêmes schémas que les femmes savantes de Molière, sous le regard amusé des japonais.
Le mouvement du kata n'est devenu qu'un prétexte à une démonstration magistrale!
Alors que ce que nous ont proposé les japonais en faisant connaître le Karaté, c'est certes de comprendre le sens des katas, mais surtout de les pratiquer.

Un mouvement = un sens, c'est suffisant !

Prenons par exemple, notre école Shotokan qui comporte une vingtaine de kata.
Si l'on multiplie ces 26 katas par autant de mouvements que chacun d'eux contiennent, et que l'on donne à chacun de ceux-ci un seul sens, simple, réel et applicable que l'on répète celui-ci, que l'on s'y entraîne et puis qu'on l'enseigne jusqu'à ce que l'élève ait tout assimilé,
Ne croyez-vous pas qu'il y a là, de quoi travailler toute une vie ?
Moi je le pense.
Donc pour conclure, le karaté est une voie, le kata en est l'expression, il est un moyen de se concentrer, il ne veut pas dire qu'il est la condition absolue pour être un bon combattant mais il permet s' il est bien enseigné, a beaucoup d'individus (du plus faible au plus fort) de se débrouiller en combat. 
Voilà ce qu'est selon moi, le Kata et à fortiori le karaté.
Que ce petit texte donne à ceux qui se posent des questions sur l'utilité des katas, des raisons de les pratiquer. Continuer
Pratiquez-les face à vous même !
Et en vous même !
Et seul devant d'autres sans commettre une faute et renverser une goutte d'eau ...

 






 

Règles à se fixer pour une réelle progression personnelle.

Les règles que j'énumère ici, sont le fruit de mes propres constations, que j'ai souvent remarqué en 20 ans d'enseignement, dans le comportement des élèves ou lors de stages. Elles sont deux sortes :

1- Sur l'entrainement lui même
2- Sur les comportements durant les entraînements et les stages.

1- Sur l'entraînement lui-même :

- Fréquence d'entrainement : 2 fois minimum par semaine

- Si on veut progresser rapidement : s'entraîner le plus possible, les premières années

- Être rigoureux dans la forme de chaque technique et s'attacher à une bonne exécution

- Ne pas travailler seulement avec le corps mais avec la tête, en dehors du dojo, penser aux techniques, y repenser...

- En dehors du dojo, continuer à faire du Karaté soit en pensée mais aussi en faisant quelques mouvements dans un coin isolé à l'abri des regards, c'est un bon moyen de progression.

- Quand vous entrez dans le dojo, oubliez votre propre personne et entrez avec l'esprit d'un bébé. L'égo est un obstacle majeur à la progression.

- Lors du kumité, toujours regarder le visage de son adversaire, s'investir et réagir (avoir une réaction !) à chaque blocage.

- Toujours maîtriser son émotion afin de ne pas bloquer trop tôt.

- - En Jyu - kumité, ne pas se sentir obligé d'agir, d'attaquer à tous prix, cela devient de la sur-motivation ce qui révèle un grand état émotionnel (Peur !).
Les personnes ayant un tel comportement expose leur partenaire et elle-même à des blessures.
Le combat, comme le reste est une question d'apprentissage, on commence au début avec du déplacement et peu de techniques. Au fur à mesure de sa pratique, toujours essayer de nouvelles choses. Lors d'une séance n'essayer qu'une chose mais à plusieurs personnes différentes.

- Travaillez les répétitions de mouvements, comme si chaque temps (ou kata) étaient uniques.
- Respecter l'étiquette sans en faire trop.
Lors des saluts, se concentrer sur la forme de son seiza mais aussi de son salut, en agissant ainsi, la pratique aura déjà commencé et l'esprit sera déjà réceptif.

2- Sur les comportements durant les entraînements et les stages :

- Comportement à propos du salut;
(voir aussi la page sur l'étiquette au karaté)


- Éviter de se mettre en seiza de manière machinale, de s'incliner sans se concentrer sur la forme du salut ou de l'exécuter avec une révérence religieuse. Le salut en karaté n'est pas religieux par contre il doit être exécuté correctement.
Au début du cours, il est le "COMMENCEMENT", à la fin il en constitue le "POINT FINAL".

Entre ces deux instants, une bonne exécution constituera une parenthèse palpable dans le quotidien.
- Ne pas être désinvolte dans l'application de l'étiquette en karaté, car elle est l'expression du savoir vivre dans la discipline comme l'est, la politesse dans la vie courante. En cela, elle révèle le caractère des personnes. Pour une personne attentive, la façon de saluer de chacun, est riche en informations.
- Comportement avec autrui dans un stage où un cours :
- Se concentrer avant tout sur soi avant de s'occuper des autres ! On voit trop de gens qui sont plus attachés aux erreurs que sont susceptibles de commettre leurs partenaires qu'à la qualité de leur propre travail !
- Ne pas parler lors d'un travail, mais se concentrer sur son rôle selon que l'on est Tori (l'attaquant) où Uke, le défenseur.
- Ne pas donner de conseils. On vient à l'entrainement pour sa propre progression, pas pour celles de ses partenaires. Pour cela on devient : Professeur !
- on est toujours le sempaï (l'ainé) de quelqu'un mais on est aussi le kohaï ( cadet) d'une autre. Restez modeste et respecter la hiérarchie.
- Regarder son adversaire avant une attaque, l'exécuter avec sincérité, en essayant d'atteindre son objectif et si l'on constate que son partenaire est battu : Contrôler.
- Ne pas faire de feintes si le travail ne requiert qu'une attaque sincère.
- ne pas exercer sa force ou sa violence sur quelqu'un que l'on sent plus vulnerable que soit.
-Ecouter le senseï et reproduire le travail qu'il demande pas -ce que vous avez dans la tête sinom devenez professeur et quittez ce dojo.
- si vous êtes senseï, redevenir élève durant un stage ou le cours d'un autre senseï.